• "Habiter les squelettes", par COLOCO

      

    "Habiter les squelettes",  par COLOCO

     

         COLOCO est un collectif se consacrant à la recherche urbaine, paysagère et architecturale. Les thème abordés sont la participation et le vivre ensemble, le respect de la nature et l'économie des ressources, l'intervention dans la totalité des milieux  urbains, même les plus inattendus, et la réversibilités des interventions. Coloco fait intervenir des acteurs de toutes disciplines, sur des projets orchestrés par deux architectes, Pablo Georgieff et Nicolas Bonnenfant et par le paysagiste Miguel Georgieff. Coloco a commencé à étudier les «squelette» urbain en 2001.

     

    "Habiter les squelettes",  par COLOCO  

           Ce que Coloco nomme «squelette» est la résultantes des accidents de l'activité immobilière : faillite, opération frauduleuse, imbroglio juridique et administratif, guerre...  Il s'agit des structures délaissées d'immeubles inachevés ou abandonnés sans démolition. Les structures en béton armée sont à la fois ce qui est construit le plus rapidement et ce qui est le plus difficilement démontable. Quand le chantier est arrêté elles restent là, abandonnées et inutiles. Elles sont nombreuses dans les pays dit «du tiers monde», particulièrement en Amérique du Sud et Centrale, et en Asie. Souvent en centre ville, elles sont de toute formes et de toutes tailles. L'alignement des poteaux brutes, le découpage des dalles nues et des éventuelle parois verticales, sont à la fois page blanche à fort potentielle et éléments fortement structurants pour n'importe quel nouvel usage.

     

           L'intérêt des squelettes n'a pas échappé à des centaines de ruraux pauvres, de ceux qui viennent tous les jours grossir les bidonville. Ils sont perçu comme l'opportunité d'échapper aux périphérie et de trouver au cœur des centres urbains un logement digne et en dur. Cela crée des implantations originale que Coloco répertorie et étudie. Le sujet est passionnant: Les nouveaux arrivant doivent faire preuve de pragmatisme et d'inventivité, de sens de l'organisation et du partage. L'acte du squatter / auto-constructeur est progressif. Il y a d'abord l'installation proprement dite et la délimitation des espaces privatif et collectif, et la connexions (d'abord illégale dans la plupart des cas) aux réseaux par ordre de priorité: eau, électricité, téléphone... Les aménagement sont d'abord sommaires, les cloisons en  toile, cartons et bois de récupération. Ensuite progressivement, avec un vrai géni du bricolage, des travaux manuel et de la débrouille, les appartements s'améliorent, se rapprochant de plus en plus de la conception du confort et du modèle résidentiel des habitants. Ils se partitionnent de façon classique avec  salon et chambre, les écrans de télévisions arrivent très vite. Les sanitaires sont le plus souvent partagés, des tour sont organisés pour répartir équitablement leur usage. Les parois légères sont remplacés par des murs en brique ou en parpaing, les façades deviennent des patchworks d'individualités bariolées. L'auto-constructeur place ses fenêtre suivant son avantage, sans se soucier de l'harmonie d'ensemble si chère à l'architecte. Ici le fait que ce genre d'implantation se fasse surtout dans des pays tropicaux est un avantage, car les exigences en isolations et étanchéité y est moindre. Des extensions sont crées sur les façades et en toiture. Des jardins aérien prennent place sur les dalles de bétons.

     

           Toute la problématique est de légaliser l'installation. Il faut s'organiser, choisir un syndic, faire les démarches administratif, etc. En fournissant un retours d'expérience, Coloco cherche à faciliter cette démarche essentielle pour faire sortir de la marginalité les habitants. Lorsque la finalité est atteinte, la création d'une copropriété, un ravalement de façade peuvent être envisagé. Celui-ci ne peut cependant pas effacer l'histoire du bâtiment, et la façade continue à exprimer une harmonieuse anarchie...

     

           Après la période d'observation et d'étude, Coloco a proposé un modèle de squelette à construire pour colonisation. Celui-ci prend la forme d'une petite tour à plan carrée, très simple, sur une trame régulière. Elle intègre les réseaux, escalier et sanitaires collectifs. La structure est en outre conçu pour être parasismique. Les surfaces proposés au auto-constructeur est en double niveau. La question du site et l'adaptation a un contexte urbain particulier n'est pas abordé.

     

           Coloco a été lauréat du concours «L'envers des villes» 2011 pour le projet «Habiter les squelette», et a bien mérité son prix.

      

           A voir , le site de COLOCO 

                  


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  • Commentaires

    1
    krasna_Ilonka
    Lundi 2 Juillet 2012 à 16:31

    J'aime (ce n'est pas une déformation facebookienne).

    Et je pars à la chasse au Coloco...

     

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